Créées en 2008, sous le thème générique
"Mémoires des suds", les Rencontres Strasbourg-Méditerranée
se veulent un lien fort entre deux éditions du Festival. Elles offrent
des espaces de prise de paroles, de débats et d'expression artistique
et de mise en réseau des actions des partenaires. Ainsi, elles participent
au développement du projet mené par Strasbourg-Méditerranée
autour de la valorisation et de la promotion de l'histoire, des mémoires
et des cultures de la Méditerranée.
Pour cette 3ème édition,
Strasbourg-Méditerranée propose une série de rendez-vous
à l'occasion du cinquantenaire de l'Indépendance de
l'Algérie. La guerre d'Algérie et le passé colonial
de la France ont généré une mosaïque de mémoires
qui s'ignorent et qui s'affrontent. Comment aider à la constitution
d'une mémoire qui ne serait ni exclusive ni unilatérale,
une mémoire algéro-française, éclairée par
l'histoire ? La question de la re-connaissance de l'histoire coloniale
et post-coloniale, forcément complexe et conflictuelle, et de sa transmission
constitue un enjeu majeur quant aux problématiques des identités,
de la démocratie, de l'égalité des droits et de la
cohésion sociale dans les deux pays. Au programme également de
cette édition, des propositions autour de la mémoire gréco-turque,
de l'Italie, des questions de la diversité, des mémoires
de l'immigration et des territoires, des relations nord-sud.
Bienvenue donc à ces troisièmes Rencontres Strasbourg-Méditerranée
et rendez-vous pour la 8ème édition du Festival Strasbourg-Méditerranée
du samedi 30 novembre au 15 décembre 2013 autour de la thématique
Métissage(s).
Proposé par Caffe Italia Off
Lundi 1 octobre à 20h
Au Camionneur
Entrée libre

Par Giacomo Casti : voix récitante, Dimitri Porcu : saxophone et clarinette
& Marc Porcu : traduction française
L'Italie vue depuis la Lune est un voyage qui dure 150 ans, constitué
d'étapes et de différentes phases, de distance et de proximité,
de points de vue et de points de fuite entre l'Italie et la Sardaigne. C'est
un parcours en musique et un récit entre les lieux, le temps et ses drames
accompagnés par de grands penseurs et écrivains qui ont été
et qui sont Sardes et Italiens. Exactement comme nous.
Textes de Giacomo Casti et de d'auteurs comme Giuseppe Dessì, Stefano
Azteni, Emilio Lussu, Luigi Pintor, Francesco Abate
Le spectacle sera précédé par une rencontre débat
sur l'état de la culture en Italie et sur la culture sarde aujourd'hui.
Proposé par Strasbourg-Méditerranée & la ville de
Schiltigheim
Mardi 2 octobre à 20h30
Salle du Cheval Blanc - Schiltigheim
PT : 14€ TR : 11€ Abonné : 9€
RSA, Demandeurs d'emploi, Intermittents 8€
Carte culture, Atout Voir, - de 16 ans : 5,5€
Prévente des billets à Schiltigheim et à la Boutique Culture
Strasbourg.

Avec Riccardo Tesi : accordéon diatonique, Maurizio Geri : guitare chant,
Claudio Carboni : sax & Gigi Biolcati : percussions
Un jeu d'accordéon fluide et le soufflet des plus rythmiques, Riccardo
Tesi au diatonique est le grand réinventeur du trad italien. En 1992,
il rassemble des copains d'aventure, toscans comme lui et amateurs du Ballo
Liscio, la musique populaire qui fait danser l'Italie depuis un siècle
: voici Banditaliana ! Depuis, il mène sa troupe de Toscans de par le
monde, toujours prêts à accoster d'autres rivages en y embarquant
un public voyageur et ravi. Pour son vingtième anniversaire, le groupe
présente un nouveau spectacle rugissant qui retrace les grandes étapes
de son long voyage, avec la complicité du professeur Gianluigi Carlone
(Banda Osiris), dans le rôle du narrateur-saboteur et du directeur-défaitiste.
Ensemble kaleidoscopique à la musique sans frontières et au charme
solaire, Banditaliana est un mélange de tradition toscane, de parfums
méditerranéens, de swing et de chanson italienne.
Plus d'infos : www.riccardotesi.com
www.myspace.com/banditaliana
Proposé par Cinéma Star
Mardi 9 octobre à 20h
Cinéma Star
Tarif StrasMed 5€

Film de Moussa Touré sélectionné en compétition
au festival de Cannes 2012, dans la section "Un certain regard"
Un village de pêcheurs dans la grande banlieue de Dakar, d'où partent
de nombreuses pirogues. Au terme d'une traversée souvent meurtrière,
elles vont rejoindre les îles Canaries en territoire espagnol.
Baye Laye est capitaine d'une pirogue de pêche, il connaît la mer.
Il ne veut pas partir, mais il n'a pas le choix. Il devra conduire 30 hommes
en Espagne. Ils ne se comprennent pas tous, certains n'ont jamais vu la mer
et personne ne sait ce qui l'attend.
Moussa Touré, né en1958, est un cinéaste sénégalais,
également scénariste et producteur.
de Samim Akgönül, édition Dictus Publishing, août 2012
Proposé par l'Astu
Lundi 15 octobre à 19h
Résidence des Arts
Entrée libre

Les Grecs et les Turcs, avant que ces termes désignent des nations séparées,
ont vécu dans les mêmes villes, sur les mêmes îles,
côte à côte. La période des constructions nationales
ont fait que les deux groupes ont érigé celui d'en face, comme
l'Autre parfait. Cette altérité ne cache pas des similarités
héritées des siècles. Ainsi, les relations entre Grecs
et Turcs sont tantôt sous l'influence d'Eros enfant/dieu de l'amour, tantôt
sous celle d'Eris, déesse de la discorde. Avant tout, les Grecs ont obtenu
leur indépendance en combattant les ottomans qu'ils assimilaient aux
Turcs. Un siècle plus tard, en 1920, les Turcs ont fondé leur
Etat-Nation en combattant les Grecs. Ces deux traumatismes sont des points d'ancrage
importants des deux identités. Un autre traumatisme est celui d'échange
forcé de populations de 1923, laissant derrière des minorités
mal acceptées. Ce livre, en neuf chapitres, tente surtout d'analyser
les aspects humains des relations gréco-turques tout en esquissant les
aspects plus techniques et politiques.
Samim Akgönül est historien et politologue. Il enseigne à l'Université
de Strasbourg ainsi qu'à différentes universités turques
et américaine. Ses recherches sont concen-trées sur les minorités, les relations
entre les religions et Etats ainsi que sur les relations gréco-turques.
Par la Cie Mémoires Vives
Proposé par l'Espace Culturel Django Reinhardt
Vendredi 19 octobre à 20h30
Espace Django Reinhardt
Tarifs 12€ / 8€ / 5,5€ / 3€
Billetterie sur place ou Boutique culture

Les voyages peuvent non seulement inspirer les artistes partis trouver d'autres
recoins plus intérieurs, mais ils peuvent aussi être à la
source de projets ambitieux. Il arrive qu'ils provoquent des rencontres artistiques
desquelles naîtra une envie commune de témoigner de messages à
la fois forts et évidents, comme par exemple : la distance est-elle réellement
source de différence ? Ou encore : l'histoire, là en l'occurrence
franco-algérienne, laisse-t-elle une emprunte si indélébile
qu'on ne peut la dépasser ? Kérakoum, c'est un peu tout ceci à
la fois. 2012 marque les 50 ans des accords d'Evian, annonçant l'indépendance
de l'Algérie. C'est aussi, le point
d'ancrage de la volonté partagée par les membres du groupe Naias
basé à Marseille, et une partie des musiciens de la compagnie
Mémoires Vives implantée à Strasbourg. On y aborde l'histoire
coloniale et postcoloniale et de ses enjeux aujourd'hui, du devenir de l'indépendance
algérienne, les questions du métissage, des rencontres, des échanges...
On en parle aussi bien en français qu'en berbère, occitan ou arabe.
Et aussi et surtout dans la langue des poètes comme Jean Amrouche, Kateb
Yacine, Jean Sénac, Ben Mohamed, Salah Oudahar. C'est un voyage sensible
dans l'âme et les mémoires, les rêves et les déchirures
de la Kabylie, de l'Algérie, de la France...; de l'Algérance
Kérakoum, c'est un mélange savoureux de styles, d'esthétiques,
de rythmes, de mots.
Kérakoum : " comment allez-vous ? " en arabe. Une preuve d'attention
particulière, délicate et fraternelle.
Plus d'infos : www.cie-memoires-vives.org
Proposé par AsArt et le CSC Camille Claus
Du 22 octobre au 16 novembre
Centre Socio-Culturel Camille Claus
Entrée libre
Vernissage le lundi 22 octobre à 18h

Une série de portraits photographiques accompagnés de témoignages
réalisés dans les foyers Adoma à Strasbourg : lieux de
vie pour tout étranger en situation précaire. Immigrés
sénégalais, maliens
ayant quitté leur pays dans l'espoir
d'offrir une vie meilleure à leur famille restée là-bas.
Demandeurs d'asile d'Afghanistan, du Soudan, de Géorgie
qui ont
fui, car faisant l'objet de menaces. Ils partagent avec beaucoup de générosité
leurs histoires de vie, et nous renvoient à notre humanité commune.
Photographies et témoignages réalisés par Mélody
Seiwert avec le soutien de Michela Cecchini et Deborah Babillo
Proposé par le Théâtre du Potimarron
Du 30 octobre au 4 novembre
Ouverture Taps Gare

Le théâtre du Potimarron propose Les 2èmes Rencontres de
Théâtre-Forum Nord/Sud "Terre en danger au Nord comme au Sud".
A la suite "d'Alerte", spectacle créé dans le cadre
du Festival Strasbourg Méditerranée 2011, le Potimarron invite
des Compagnies de Théâtre-Forum de France, Belgique, Sénégal,
dont les spectacles enrichiront la réflexion et le débat sur les
liens existant entre la crise écologique et les flux migratoires.
D'ores et déjà, des millions de personnes sont arrachées
à leurs terres pour des questions liées à l'environnement
(inondations, dégradations des sols, catastrophes naturelles, construction
de grands barrages, accidents industriels, urbanisations et recul des terres
cultivables ....).
Selon les estimations, 50 à 500 millions pourraient migrer d'ici 2050
pour ces mêmes raisons.
Lieu des Rencontres : au Taps Gare, rue du Hohwald à Strasbourg, ainsi
que dans des lieux décentralisés : Hautepierre, Cronenbourg, Koenigshoffen,
Neuhof, Schiltigheim.
Programme complet des Rencontres : www.theatrepotimarron.com
Proposé par AsArt et le CSC Camille Claus
Du 22 octobre au 16 novembre
Centre Socio-Culturel Camille Claus
Entrée libre

Une série de portraits photographiques accompagnés de témoignages
réalisés dans les foyers Adoma à Strasbourg : lieux de
vie pour tout étranger en situation précaire. Immigrés
sénégalais, maliens
ayant quitté leur pays dans
l'espoir d'offrir une vie meilleure à leur famille restée là-bas.
Demandeurs d'asile d'Afghanistan, du Soudan, de Géorgie
qui ont
fui, car faisant l'objet de menaces. Ils partagent avec beaucoup de générosité
leurs histoires de vie, et nous renvoient à notre humanité commune.
Photographies et témoignages réalisés par Mélody
Seiwert avec le soutien de Michela Cecchini et Deborah Babillo
Proposé par le Théâtre du Potimarron
Du 30 octobre au 4 novembre
Ouverture Taps Gare

Le théâtre du Potimarron propose Les 2èmes Rencontres
de Théâtre-Forum Nord/Sud "Terre en danger au Nord comme
au Sud". A la suite "d'Alerte", spectacle créé
dans le cadre du Festival Strasbourg Méditerranée 2011, le Potimarron
invite des Compagnies de Théâtre-Forum de France, Belgique, Sénégal,
dont les spectacles enrichiront la réflexion et le débat sur
les liens existant entre la crise écologique et les flux migratoires.
D'ores et déjà, des millions de personnes sont arrachées
à leurs terres pour des questions liées à l'environnement
(inondations, dégradations des sols, catastrophes naturelles, construction
de grands barrages, accidents industriels, urbanisations et recul des terres
cultivables ....).
Selon les estimations, 50 à 500 millions pourraient migrer d'ici 2050
pour ces mêmes raisons.
Lieu des Rencontres : au Taps Gare, rue du Hohwald à Strasbourg,
ainsi que dans des lieux décentralisés : Hautepierre, Cronenbourg,
Koenigshoffen, Neuhof, Schiltigheim.
Programme complet des Rencontres : www.theatrepotimarron.com
Proposé par Artenréel dans le cadre d'Hautepierre sur
les Tréteaux
Du 3 au 11 novembre 2012 de 14h à 18h (sauf les 5 et 9 novembre)
Théâtre de Hautepierre
Entrée libre

Vernissage et Performances théâtrales et arts vivants : le
dimanche 4 novembre à 17h
Nocturne le samedi 10 novembre de 14h à 22h
Performances théâtrales et arts vivants : samedi 3 et dimanche
4 et 10 novembre
Le Théâtre de Hautepierre devient du 3 au 11 novembre un lieu
de témoignage; celui de sept années d'échanges et de
partages artistiques entre habitants, artistes et partenaires, exprimés
au travers d'une palette hétérogène de pratiques artistiques,
qu'elles soient liées aux arts plastiques, visuels, au théâtre,
à la création textile, à l'écriture,..
Afin de personnifier ce qui se joue humainement et artistiquement à
Hautepierre depuis que le quartier est sur les Tréteaux, l'exposition
performative Méli-Mélogis prend la forme d'un appartement,
imaginé selon les plans usuels des immeubles du quartier, mais réalisé
et apprêté par les habitants avec les artistes intervenants.
Dans cet appartement "témoin", sorte de miroir de la vie
des populations de Hautepierre, et abrité par son Théâtre,
résonnent les histoires et les singularités de ces familles
multiformes, garantissant la mémoire de leurs vies et de leurs émotions,
traduite en sons, en images, et en constructions plastiques.
Les visiteurs, qu'ils soient de là-bas ou d'ailleurs, sont conviés
dans cet espace comme s'ils étaient les hôtes de leurs habitants;
une déambulation interactive qui promet une rencontre sincère
et inoubliable avec l'âme d'un quartier.
Ateliers artistiques participatifs au Théâtre de Hautepierre
les 30 et 31 octobre, 1er et 2 novembre : tout public.
Plus d'infos : wonderbabette@yahoo.fr
et 06 87 57 05 93
Métailié, 2012
Proposé par le Cercle Menachem Taffel et la Librairie Kléber
Samedi 10 novembre à 11h, Librairie Kléber
Entrée libre
Présentation et animation par Georges Yoram Federmann (Cercle Menachem
Taffel) et Robert Goesel.

Le glacis est un texte dérangeant.
Son écriture est sobre, précise et percutante.
On ne sort pas indemne de cette lecture.
On prend la mesure du poids de l'histoire en marche et de la fragilité
et de lâcheté des hommes ; de leur capacité à détruire,
à hiérarchiser, à exclure, à tuer en s'abritant
derrière le prétexte de la légitimité.
" La naïveté " de la jeune institutrice et son idéalisme
constituent, de fait, un plaidoyer contre le racisme et le colonialisme.
Ecrit au milieu des années 50 par Monique Rivet, ce texte avait été
oublié dans un tiroir et n'a été publié que
cette année, près de 60 ans après les faits.
Il a failli rester privé pour l'éternité.
Agrégée de lettres classiques et aujourd'hui retraitée,
Monique Rivet partage son temps entre la région parisienne et
les Cévennes. Elle est l'auteur, entre autres, de Caprices et Variations
(Flammarion), Les Paroles gelées et La Caisse noire
(Gallimard). Elle a écrit Le Glacis à la fin des années
50, sans le publier.
Samedi 10 novembre à 15h
Librairie Kléber
Entrée libre
Présentation et animation par Salah Oudahar, directeur artistique
de Strasbourg-Méditerranée.
Lecture : Yan Gilg de la Cie Mémoires Vives, Salah Oudahar.
Dans son ouvrage "Le retour de Jugurtha" - Passerelles Editions,
2011- Tassadit Yacine analyse l'itinéraire complexe de
Jean El Mouhoub Amrouche. Ce poète et homme de lettres demeure
inconnu lorsqu'il s'agit de son engagement politique en faveur de
l'indépendance de son pays. C'est à partir de la Tunisie
que le jeune Kabyle prend conscience de la domination coloniale et de ses
effets sur la culture et la transmission des valeurs. De cette contradiction
naît une réflexion et une action en faveur de la décolonisation.
Pour cela Amrouche puise dans le passé nord africain son modèle
de résistance à l'instar de Jugurtha contre Rome.

Jean El Mouhoub Amrouche (1906-1962) n'est connu en France que
par ses grands entretiens que lui confia la radiodiffusion française
dans les années 50 ; à cette occasion, il fait venir devant
le micro les plus grands écrivains Gide, Claudel, Giono, Jouhandeau.
Ces entretiens sont actuellement disponibles en livre de poche.
On ignore tout du poète, de l'homme de revue et de l'intellectuel
engagé dans le combat algérien (1945-1962). On lui doit, entre
autres, à ce titre : Cendres poèmes (1928-1934) ; Etoile
secrète ; Chants berbères de Kabylie et l'Eternel
Jugurtha.

Tassadit Yacine est directrice d'études à l'Ecole
des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris et chercheur au Laboratoire
d'anthropologie sociale.
A partir des questions liées à la domination, elle a construit
une uvre importante sur les sociétés berbères tant
du point de la création culturelle que des rapports de genres : "L'Izli
ou l'amour chanté en kabyle", "Aït Menguellet
chante", "Chérif Kheddam ou l'amour de l'art",
"Esquisses algériennes de Pierre Bourdieu", "Journal
(1928-1962) de Jean Amrouche". Tassadit Yacine est également
connue pour le rôle qu'elle a joué dans la publication de
la revue AWAL depuis sa création.
Film documentaire de Fatima Sissani, 2011, 1h30, 24 Images
Proposé par Vidéo les Beaux Jours
Mardi 13 novembre à 20h
Maison de l'Image
Entrée libre
Animation par Salah Oudahar, Directeur artistique de Strasbourg-Méditerranée
Les Kabyles existent d'abord par la parole. Chaque geste, chaque instant
de leur quotidien peut donner lieu à une langue de vers, de métaphores,
de proverbes. Une réalité qu'on se représente mal
lorsque l'on plonge dans la société de l'immigration
où ces hommes et femmes, souvent analphabètes, sont relégués
exclusivement au rang d'ouvriers et de femmes au foyer. Fatima Sissani
filme sa mère, une femme arrimée à sa langue de façon
indéfectible, ultime bagage que des milliers d'émigrants
kabyles ont emporté avec eux pour se construire un ailleurs qui ne
soit pas que l'exil.
Née en Algérie, Fatima Sissani est journaliste radiophonique.
La Langue de Zahra est son premier film documentaire. "Ce n'est
pas un film sur ma mère, c'est un documentaire sur l'émigration
à travers l'histoire de ma mère. J'ai trouvé
en elle un excellent medium".
Proposé par Mémoire et citoyenneté, Strasbourg-Méditerranée
et les Médiathèques de Strasbourg
Mercredi 14 novembre à 20h
Médiathèque Neudorf
Entrée libre
La lecture sera suivie d'un échange avec le public.
Textes : Salah Oudahar
Voix : Martin Adamiec
Musique (luth) : Sid Ahmed
Les textes de Salah Oudahar évoquent le poids de la guerre d'Algérie
qu'il a vécu enfant à Iflissen/Tigzirt, en Kabylie maritime,
et plus largement les thèmes de la mémoire, des traces, des
ruines, de l'exil, du rapport à l'histoire, au temps
Ces textes s'appuient sur un travail photographique en cours, en vue
d'une exposition et d'une publication sur le thème des ruines.
"De son histoire, des chemins qu'il a défrichés, des
bifurcations qui l'ont détourné, des haltes qui l'ont
accueilli, Salah Oudahar laisse entrevoir quelques bribes, quelques éclats,
devrais-je dire. Ce monde dont nous rêvons explose en effet et les éclats
volent, comme les coups de poing d'un boxeur. (
)
Il entreprend d'interroger les pierres, celles d'hier et d'aujourd'hui
: " La pierre / Telle qu'en elle-même / Insouciante / Gardienne
des lieux / Témoin du temps ", car les mémoires des
hommes, traquées, manipulées, blessent, amputent. (
)
Dans ses textes, Salah Oudahar sonde l'absence et ses meurtrissures,
mesure la distance, révèle les traces, en somme il interroge
sa présence au monde. Et se donne comme viatique la dignité,
la liberté. C'est pour cela qu'il tonne " Nous voulons
en fait le pain et la parole. Et le feu. Nous voulons nous réchauffer
au feu de l'hospitalité". "
Yahia Belaskri, écrivain et journaliste.

Salah Oudahar avec sa mère et ses nièces en 1959
Salah Oudahar, né en 1951 à Iflissen, en Kabylie maritime,
en Algérie, est diplômé des Sciences Politiques. Il a
enseigné à l'Université de Tizi-Ouzou jusqu'en
1992, date à laquelle il a quitté l'Algérie pour
s'établir à Strasbourg, où il développe depuis
un travail à la lisière de la recherche, de la création
artistique, de l'action culturelle sur les thèmes de l'histoire
et de la mémoire, notamment de la colonisation et de l'immigration.
Il est l'auteur de nombreux textes (théâtre, poésie
)
pour l'essentiel encore inédits.
Salah Oudahar est directeur artistique de l'Association Strasbourg-Méditerranée.
Par la Cie Passeurs de Mémoires, mise en scène de Dominique
Lurcel
Samedi 24 novembre à 17h
Médiathèque André Malraux salle de conférence
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Proposé par Strasbourg-Méditerranée et les Médiathèques
de Strasbourg
Le spectacle sera suivi d'un débat avec Salah Oudahar,
Strasbourg-Méditerranée et Dominique Lurcel, metteur
en scène.

Le Journal (1955/1962) de Mouloud Feraoun, romancier ami d'Albert
Camus, d'Emmanuel Roblès, est un document sans équivalent
: on y lit le quotidien le plus concret de la "Pacification", vue
au niveau d'un village kabyle, petites scènes d'une comédie
humaine rendues sans pathos, mais avec émotion et ironie. On y lit
aussi la peur et la torture, omniprésentes dès le début
1956, les petites lâchetés individuelles mais, en même
temps, la brusque et irrésistible émergence de la dignité
retrouvée de tout un peuple. Condamnation sans appel d'un siècle
de colonisation, prescience d'un avenir sombre pour son pays
Et
rencontre avec un homme libre, d'une exigence morale sans faille, en
quête d'une introuvable harmonie : un Juste au cur de l'absurde,
à la parole, aujourd'hui encore, irrécupérable.
Bien au-delà du seul témoignage, par la chaleur du regard porté
sur les êtres, la finesse de l'analyse faite des évènements,
le Journal de Mouloud Feraoun parle aussi d'aujourd'hui, de la "servitude
volontaire", des aspirations des peuples et des récupérations
politiques. Il atteint l'universel et, dans son refus de tout manichéisme,
transcende les blessures encore ouvertes et aide à réconcilier
les mémoires encore en guerre.
Dominique Lurcel qui poursuit un travail autour de l'Algérie
depuis plusieurs années, nous donne à entendre des fragments
de ce volumineux journal de 450 pages, dans une mise en scène à
deux voix, celle du comédien Samuel Churin et du violoncelliste
Marc Lauras.
Proposé par l'Astu
Lundi 26 novembre à 19h
Résidence des Arts
Entrée libre

Avec Bertrand Piret, psychiatre, psychanalyste, membre fondateur et
président de l'association Parole sans frontière, responsable
de la Consultation Transculturelle de Psychiatrie des Hôpitaux Universitaires
de Strasbourg.
La culture, comme expression de soi nous donne la possibilité de nous
situer dans le monde dans lequel nous vivons. Nous nous construisons au travers
des rapports sociaux, politiques, économiques et culturels avec les
autres. Entre les expressions traditionnelles qui créent des codes
et des normes collectives, nous sommes confrontés à la découverte
de nouveaux modes d'expression dans nos rencontres avec l'Autre,
avec les autres. Du fait de l'évolution de nos rapports sociaux,
notamment par le biais de la mondialisation et surtout de la mobilité
des populations, cette rencontre est devenue inévitable dans nos sociétés
actuelles. Nos traditions, nos modes de vie sont ainsi totalement interrogés
par les mutations socioéconomiques et socio culturelles. Ainsi, l'identité
culturelle, comme toutes les autres identités n'est que le fruit
d'interactions permanentes, construites au miroir de l'autre et
avec l'apport de l'autre.
A travers le témoignage et l'intervention de Bertrand Piret, riche
de son expérience et de ses recherches en la matière, nous essayerons
de comprendre et d'analyser les enjeux, les obstacles ou tout simplement
d'analyser le sens du thème interculturel ou du concept de l'interculturalité
comme une construction sociétale.
Film documentaire de Habiba Djahnine, 2006, 78mn
Vendredi 30 novembre à 20h
Médiathèque Olympe de Gouges
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Proposé par Strasbourg-Méditerranée et les Médiathèques
de Strasbourg
Echange et discussion en fin de projection, en présence de la réalisatrice.

"Nabila Djahnine, ma sur, a été assassinée
le 15 février 1995 à Tizi-Ouzou, une ville importante de la
Kabylie. Nabila était présidente de l'association de défense
et de promotion du droit des femmes "Thighri N'tmettouth" (Cri
de femme) basée dans cette ville. En 1994 Nabila m'avait écrit
une lettre, elle me racontait l'escalade de la violence, la répression,
les assassinats, les espoirs si maigres et son désarroi face à
l'action quasi impossible en ces années de plomb. J'étais
alors partie vivre pour quelque temps dans une ville du Sahara Algérien.
Dix ans après l'assassinat de Nabila, je retourne en Algérie
pour faire ce film. "Lettre à ma sur" est ma réponse
à sa lettre de 1994, une manière de raconter ce qui s'est
passé depuis dix ans. Je veux retourner sur les lieux pour voir ce
que sont devenus Tizi-Ouzou et les gens qu'elle connaissait et avec lesquels
elle militait. Je veux leur demander pourquoi l'assassinat et le massacre
de civils sont devenus les seules réponses au conflit qui oppose les
Algériens ? Pourquoi le dialogue est-il devenu impossible ? "
Habiba Djahnine
Documentariste et déléguée générale des
Rencontres Cinématographiques de Béjaia, Habiba Djahnine
a pour également publié divers textes et articles en France
et en Algérie, dont Outre-Mort (2003) un recueil de poésie.
Proposé par Strasbourg-Méditerranée et la ville de
Schiltigheim
Samedi 1 décembre à 17h
Au Cheval Blanc à Schiltigheim
Entrée libre
A l'occasion du cinquantenaire de l'Indépendance de l'Algérie,
nous voulons à travers cette table-ronde, mettre en avant l'engagement
des femmes pour l'émancipation nationale, durant la guerre et
pour l'égalité et la citoyenneté après l'Indépendance.
En effet, le mouvement des femmes en Algérie s'est construit pour
l'essentiel sur une revendication d'égalité, en particulier
dans le domaine de la législation familiale régie par un dispositif
discriminatoire. Dans le cours de leurs actions les associations de femmes
sont confrontées aux contraintes liées à la nature du
régime et au développement de l'islamisme.
Cinquante ans après l'Indépendance, de quels acquis peut
se prévaloir le mouvement des femmes et quels en sont les enjeux actuels
dans le contexte des soulèvements populaires de certains pays arabes
?
Présentation et animation : Myriam Chopin, historienne et Salah
Oudahar, directeur artistique Strasbourg-Méditerranée
Avec :
Feriel Lalami, sociologue, auteur de " Les Algériennes
contre le code de la famille. La lutte pour l'égalité
", Presses de Sciences Po, Paris, 2012.
Aïcha Benabdelmoumène, militante pour le droit des femmes
Habiba Djahnine, documentariste, réalisatrice notamment du film
"Lettre à ma sur", créatrice de Béjaïa
docs
Annette Beaumanoir, neurophysiologiste, auteur de "Le Feu de la
Mémoire. La Résistance, le communisme et l'Algérie, 1940-1965",
préfacé par de Mohammed Harbi, Bouchene, 2009
Documentaire musical de Safinez Bousbia, 2012, 90' prod.
Quidam Production El Gusto
Samedi 1 décembre à 20h30
Au Cheval Blanc à Schiltigheim
Entrée 4 euros
Proposé par Strasbourg-Méditerranée et la ville de Schiltigheim

La bonne humeur - el gusto - caractérise la musique populaire inventée
au milieu des années 1920 au cur de la Casbah d'Alger par
le grand musicien de l'époque, Hadj Mohamed El Anka. Elle rythme
l'enfance de ses jeunes élèves du Conservatoire, arabes
ou juifs. L'amitié et leur amour commun pour cette musique qui
" fait oublier la misère, la faim, la soif " les rassemblent
pendant des années au sein du même orchestre jusqu'à
la guerre et ses bouleversements. " El Gusto " raconte avec émotion
et
bonne humeur comment la musique a réuni ceux que l'Histoire
a séparés il y a 50 ans.
Film de René Vautier, 1972, 1h40, version numérique restaurée
Proposé par Cinéma Star et Strasbourg-Méditerranée
Mercredi 5 décembre à 20h15
Cinéma Star St Exupéry
Tarif 5 euros sur inscription : contact@strasmed.com

Film récompensé au Festival de Cannes de 1972, il remporte
le prix FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique).
L'année 2012 marque la ressortie d'Avoir 20 ans dans les Aurès
en copie numérique restaurée, 40 ans après sa première
sortie en salles.C'est une fiction construite à partir de huit
cents heures d'enregistrements d'appelés français
pendant la guerre d'Algérie. Une chronique filmée sur le
quotidien de cette guerre, les différents points de vue d'un groupe
de tout jeunes soldats dont les capacités d'indignation se confrontent
à chaque instant avec la banalité du mal. Ce film de fiction
réalisé sur la base de témoignages d'appelés,
est l'un des seuls à avoir mis en exergue les contradictions de l'armée
française durant la guerre d'Algérie, et notamment la torture
qui y sévissait. Il s'intéresse spécifiquement à
des appelés bretons, qui allaient peu à peu être confrontés
aux horreurs du æ Avoir 20 ans dans les Aurès fut censurée
par les autorités de l'époque.
René Vautier est un cinéaste breton dont la vie pourrait
se résumer à autant d'années de résistance
cinématographique. Rebelle et militant, il s'est toujours efforcé
de mettre "l'image et le son à disposition de celles et ceux
à qui les pouvoirs établis les refusent".
De la dénonciation du colonialisme aux grèves des mineurs, de
la guerre d'Algérie aux années Giscard, de la marée
noire aux tortures en Algérie, des luttes sociales aux luttes tout
court, René Vautier n'a jamais cessé de dénoncer
en images tout ce qui le révolte.
Dans le cadre du Cinquantenaire de l'Indépendance de l'Algérie
Mardi 11 décembre à 17h Librairie Kléber
Présentation et animation : Guy Chouraqui, Universitaire Myriam Chopin,
Historienne et présidente de Strasbourg-Méditerranée

Revenu d'Algérie, où il avait été professeur àOran
de 1958 à1960, Pierre Nora a écrit ce livre qui tenait du pamphlet
de citoyen en colère, du récit d'une expérience vécue
et de l'analyse historienne. Il pointait pour la première fois et avec
éclat les ambiguïtés d'un supernationalisme illusoire et flamboyant,
dans une situation qui tenait à la fois d'une indéniable appartenance
protectrice à la Métropole et d'une domination coloniale inavouée.
Une réaction inattendue lui vint de Jacques Derrida, dont il avait été
le condisciple en khâgne et qui était resté un ami. Ce texte
est pour la première fois présenté aux lecteurs. Rencontre
avec un de nos plus grands intellectuels. Strasbourg-Méditerranée
s'associe.
Pierre Nora est né le 17 novembre 1931 à Paris. Licencié
ès lettres et en philosophie, agrégé d'histoire, il enseigne
àla fin des années cinquante en Algérie avant de devenir
pensionnaire de la fondation Thiers en 1961. Il intègre quatre ans plus
tard l'Institut d'études politiques de Paris en tant que maître assistant.
Soucieux d'effectuer dans un même temps "un travail d'essayiste" et "d'enquêteur
du présent", Pierre Nora a l'idée de "publier tels quels les documents
d'archives montés par des historiens et rendu accessibles au grand public".
Christian Bourgois, chez Julliard, est favorable au projet et lance, avec succès,
la toute nouvelle collection "Archives" en 1964. Remarqué par Claude Gallimard,
Pierre Nora rejoint la NRF en 1972, et réussit le difficile pari de poursuivre
une double carrière dans le milieu universitaire et au sein des Editions.
Au début des années 1980, Pierre Nora fonde en compagnie de Marcel
Gauchet la revue Le Débat. Peu après, l'éditeur entreprend
un autre chantier d'envergure, "Les Lieux de Mémoire". Le travail de Pierre
Nora, déjà salué par la remise des prix Diderot-Universalis
en 1988, Louise Weiss Bibliothèque nationale en 1991 et du Grand prix national
d'histoire (1993). Pierre Nora a été reçu à l'Académie
française le 7 juin 2001. En février 2012, le Prix Montaigne lui
est décerné pour son ouvrage Historien public et pour l'ensemble
de son oeuvre.
CSC Camille Claus
41 rue Virgile - 67200 Strasbourg
www-jskoenigshoffen.asso.fr
contact@jsk-asso.fr
03 88 28 49 71
Salle du Cheval Blanc
25 rue Principale - 67300 Schiltigheim
03 88 83 84 85
www.ville-schiltigheim.fr/culture
Espace culturel Django Reinhardt
4 impasse Kiefer - 67100 Strasbourg
03 88 79 86 64
http://www.facebook.com/pages/Espace-culturel-Django-Reinhardt/
Au Camionneur
14 Rue Georges Wodli - 67000 Strasbourg
03 88 32 12 60
www.au-camionneur.fr/
Résidence des Arts
13a, rue du Hohwald - 67000 Strasbourg
www.astu.fr
Taps Gare
10 Rue du Hohwald - Strasbourg
03 88 34 10 36
www.taps.strasbourg.eu
Théâtre de Hautepierre
Place André Maurois
67200 Strasbourg
06 87 57 05 93
www.artenreel.com
http://meli-melogis.artenreel.com/
Maison de lImage
31 rue Kageneck
67000 Strasbourg
03 88 23 86 50
www.videolesbeauxjours.org/
Médiathèque André Malraux
1 Presquîle Malraux
67100 Strasbourg
03 88 45 10 10
www.mediatheques-cus.fr/
Médiathèque Olympe de Gouges
3 Rue Kuhn
67000 Strasbourg
03 88 43 64 64
www.mediatheques-cus.fr/
Médiathèque Neudorf
Place du marché
67000 Strasbourg
03 88 41 45 00
www.mediatheque.neudorf@strasbourg.eu
Librairie Kléber
1 Rue des Francs Bourgeois
67000 Strasbourg
03 88 15 78 88
www.librairie-kleber.com/
Cinéma Star
27, rue du Jeu des Enfants
67000 Strasbourg
http://www.cinema-star.com/
Strasbourg-Méditerranée Maison des Associations, 1a place des Orphelins 67000 Strasbourg
Tél 03 88 75 51 17 | Mail : contact@strasmed.com