Festival 99 : retour à l'introduction

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Au Point d'Eau

Le Point d'Eau à Ostwald est lui aussi au rendez-vous du Festival Strasbourg-Méditerranée. Accueille Ulysse Ben Miloud. Mais offre tout au long de sa saison une vision généreuse du spectacle vivant. « Nous n'avons pas vocation à être un lieu de production, et la diffusion pure ne m'intéresse pas », indique René Scaravella, directeur du Point d'Eau. D'où l'option par lui retenue, « d'un accompagnement du public, d'un travail avec lui en amont des spectacles, chaque fois que c'est possible ». Un souci qui rejoint une vocation particulière du Point d'Eau, qui s'occupe également d'animation en direction de la jeunesse. C'est dans cet esprit, très exemplaire, que le Point d'Eau accueillera -les 29 et 30 novembre à 14h30 et 20h30- Ulysse Ben Miloud, spectacle joyeusement inspiré de l'Odyssée d'Homère et créé par la Compagnie Plume d'Eléphant. Laquelle compagnie finalisera aussi, fin décembre, un travail de théâtre hip hop entamé l'an dernier avec les adolescents de différents quartiers.

Cultures et différence

Brassage donc de cultures, écoute de la différence : le centre culturel d'Ostwald poursuit son « jumelage » avec la troupe The American Drama Group d'Angleterre qui vient donner Dr Jekyll and Mr Hyde et Les Raisins de la Colère, en version originale anglaise. L'Espagne, avec la divine musique de Tango Azul (le 13 mai), la Chine, grâce à Li Tchang - un très beau spectacle pour enfants sélectionné dans les Régionales-, seront du voyage. Avec une représentation-débat de Vivre la Différence, qui met en scène des personnes handicapées mentales. Avec l'Automne, chorégraphie de Valérie Lamielle, qui y parle des âges de la vie - le spectacle est repris ici en février, précédé d'ateliers avec un groupe de personnes âgées d'Ostwald. M.-S. K. Le Point d'Eau - 17, allée René Cassin à Ostwald.

© Dernières Nouvelles D'Alsace, Jeudi 25 Novembre 1999

Heureux qui, comme Ben Miloud…

Le Point d'Eau a accueilli lundi et mardi, Ulysse Ben Miloud, une odyssée contemporaine du travailleur immigré qui trouve une place très adaptée dans le programme du Festival Strasbourg-Méditerranée.
Ulysse Ben Miloud est un peu le même homme que son auteur et metteur en scène Laurent Bénichou. Le décalage culturel entre nom et prénom est porteur d'une histoire d'émigration, d'un métissage acquis ou inné et d'un questionnement plus fort, plus pertinent aussi, sur les racines et où il conviendrait de les planter. Le texte est évidemment à référence homérique et offre un Ulysse de chantier maghrébin gagnant dur un peu plus de confort pour les siens restés aux pays. Pénélope-Aïcha passe des travaux de tapisserie au tissage de tapis, mais la trame de la fidélité demeure. Les Dieux de l'Olympe se transforment en esprits de la tradition maghrébine qui tirent les ficelles du drame en fonction de leurs propres relations conflictuelles.

Comique et fraîcheur

Mais ce propos classique n'empêche ni le comique ni une fraîcheur quasi enfantine dans le déroulement du voyage initiatique qui fera du héros un citoyen du monde. Les épanchements méditerranéens, dans les pleurs ou la joie, le soleil dans les accents et les couleurs sont des éléments d'importance. Comme d'entendre Dalida au détour d'une scène ou de manger des yeux une très belle plante de déesse relookée en Baby Doll. Le spectacle est la reprise d'une création de 1997. Les comédiens y cherchaient leurs marques encore, par moments, ce lundi après-midi, mais jamais leur place ou la conviction de participer d'un petit morceau d'utopie. Accessible à partir de dix ans.

© Dernières Nouvelles D'Alsace, Mercredi 1 Décembre 1999.

 

 

 

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