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ATHÀNO MACHALÀS
Laïdi Dalou clôt, ce soir à 20h30 au palais des
fêtes, le Festival Strasbourg-Méditerranée. Qui
consacrait une autre soirée, cette semaine, aux musiques, chansons
et danses rebetika. Athàno Machalàs est le nom
d'une taverne de Patras, qu'animent le joueur de bouzouki et chanteur
Aristovoulos Spiliotopoulos, la chanteuse Akrivi Apostalou et le guitariste
Iannis Maropoulos. Ils ont été invités par leur
ami strasbourgeois Yves Béraud (accordéon et baglama)
pour ce concert donné pour une salle comble et ravie, et qui
exposa avec une grande sensibilité la richesse d'un genre musical
longtemps condamné : c'est que les rebetès sont des marginaux,
des fumeurs de haschisch, des exilés venus en nombre de Turquie
au début des années 20. Dans les tavernes, les fumeries,
les prisons, ils chantent la misère, évoquent le monde
perdu des sérails, les descentes de police dans les tékés
pour briser les narguilés et les instruments de musique, le chagrin
d'une mère dont le fils s'est exilé. Une fidélité
étonnante à la tradition : quand ils reprennent un taqsim-zeimbekiko
de Markos Vamvakaris, le Minore Tou Deke de Ioannis Halikias, les chansons
de Rita Abatzi ou Rosa Eskenazi, c'est en s'effaçant le plus
possible pour retrouver la pureté d'une musique toujours menacée
par la prolifération instrumentale, l'amplification et les influences
étrangères - rarement compatibles avec cet art subtil
et fragile. |
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