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LE REBETIKO, LA GRÈCE DE L'OMBRE « Pour moi, c'est d'abord cela, le rebetiko : une atmosphère
autant qu'un chant, des visages silencieux et marqués autant que
des danses ou des cris, des odeurs mêlées de vin résiné,
d'ouzo, de sciure fraîche sous les tables, de mégots refroidis ». Tradition musicale urbaine née dans les ports et les quartiers grecs d'Asie Mineure, le rebetiko arrive en Grèce dans les années 20 dans les bagages d'un million de Grecs chassés de leur terre natale. Étrangers au sein de leur propre patrie, confrontés au chômage, à la pauvreté et même à une forme de racisme, ils se réfugient dans leur musique, qui prend alors son véritable essor. Maintes fois comparé au blues américain, au fado portugais ou au tango des bordels argentins, le rebetiko est la plainte des bas-fonds, l'expression des laissés-pour-compte et le cri des rebelles réfractaires à toute culture bourgeoise. Écrivain-voyageur, auteur de « L'été grec » et de « Chemin faisant », Jacques Lacarrière vient de publier « La Grèce de l'ombre » avec Michel Volkovitch.
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