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FESTIVAL
Laïdi Dalou clôt, ce soir à 20h30 au palais des fêtes,
le Festival Strasbourg-Méditerranée qui consacrait une autre
soirée, cette semaine, aux musiques, chansons et danses rebetika.
Athàno Machalàs est le nom d'une taverne de Patras, qu'animent
le joueur de bouzouki et chanteur Aristovoulos Spiliotopoulos, la chanteuse
Akrivi Apostalou et le guitariste Iannis Maropoulos. Ils ont été
invités par leur ami strasbourgeois Yves Béraud (accordéon
et baglama) pour ce concert donné pour une salle comble et ravie,
et qui exposa avec une grande sensibilité la richesse d'un genre
musical longtemps condamné : c'est que les rebetès sont
des marginaux, des fumeurs de haschisch, des exilés venus en nombre
de Turquie au début des années 20. Dans les tavernes, les
fumeries, les prisons, ils chantent la misère, évoquent
le monde perdu des sérails, les descentes de police dans les tékés
pour briser les narguilés et les instruments de musique, le chagrin
d'une mère dont le fils s'est exilé. Une fidélité
étonnante à la tradition : quand ils reprennent un taqsim-zeimbekiko
de Markos Vamvakaris, le Minore Tou Deke de Ioannis Halikias, les chansons
de Rita Abatzi ou Rosa Eskenazi, c'est en s'effaçant le plus possible
pour retrouver la pureté d'une musique toujours menacée
par la prolifération instrumentale, l'amplification et les influences
étrangères - rarement compatibles avec cet art subtil et
fragile.
Claude F. F. © Dernières Nouvelles D'Alsace,
Samedi 11 Décembre 1999.
Embarquement pour le sud
Beau succès pour la première édition du festival
Strasbourg Méditerranée, qui a attiré plus
de 10 000 personnes pendant deux semaines, en pleine période de
« Capitale de Noël »
La soirée de clôture de « Strasbourg Méditerranée
», samedi soir au Palais des fêtes, a été à
limage de lensemble du festival un heureux télescopage
culturel et géographique.
LIrak, dabord, avec Fawzy Al-Aiedy. Aussi à laise
au luth oriental quau cor anglais, le chanteur évoque la
douleur de lexil, les souvenird-s de son enfance et surtout la poésie
: celle dun peuple qui vit de la pêche, dans des cabanes en
roseau, ou celle de Verlaine, traduit en arabe. Le périple continue
grâce au groupe Laïdi Dalou ; lémotion sinstalle
quand la voix dIsabelle Marx fait revivre les chansons du répertoire
juif médiéval. Le jazz, le rock et le funk sallient
à la musique traditionnelle pour mettre en valeur une langue fascinante
mais oubliée : le judéo-espagnol. le voyage naurait
pas été complet si les arabes navait pas rejoint les
juifs sur scène pour une invitation à la fête et à
la danse.
Pour la fin des ghettos
Plus de 1000 personnes sont venues découvrir ou retrouver la richesse
des sonorités méditerranéenne. Un public très
jeune, un peu agité pendant la première partie de la soirée,
avant larrivée de « la » star adulée par
tous les Marocains, le chanteur Jedouane. « Nous sommes contents
davoir réussi à attirer autant de monde, mais surtout
de voir que les publics se sont progressivement mélangés
», constate Michel Hentz, de lassociation Décade, à
lorigine du festival. Les 90 manifestations qui se sont déroulées
pendant quinze jours expositions, pièces de théâtres,
ateliers de calligraphie ou concert ont attiré plus de 10000
strasbourgeois.
Au delà de lassemblage a priori incongru entre Strasbourg,
la ville la plus continentale de France, et la méditerranée,
qui paraît si lointaine et si différente, les organisateurs
souhaitaient provoquer des rencontres « Quand les grecs dansent
avec les Marocains et les Français avec les Espagnols, on commence
à sortie des ghettos que deviennent parfois les associations culturelles
», explique Michel Hentz.
Strasbourg Méditerranée pourrait devenir un rendez-vous
régulier. Cette première édition semble en tout cas
avoir répondu à une forte attente, un certain goût
pour lexotisme et un besoin de chaleur.
J.K
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